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Pompe à chaleur air-eau : le COP annoncé et celui de janvier

Avatar de Pascal Guerrier

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4 min de lecture 4,0 (100 avis)

Un client m’a un jour montré la brochure de sa future pompe à chaleur : « COP de 4,5 », lisait-on en gros. Sur le papier, ça veut dire que pour 1 kWh d’électricité consommée, la machine restitue 4,5 kWh de chaleur. Sauf que ce chiffre a été mesuré dans des conditions précises, en laboratoire, à une température extérieure donnée. En plein hiver, sous zéro, ce même appareil ne tourne plus du tout dans ces conditions-là.

COP et SCOP : deux indicateurs, deux usages

Le COP, coefficient de performance, est une mesure instantanée, prise à un point de fonctionnement précis, généralement défini par la norme EN 14511. Il sert à comparer des appareils entre eux dans des conditions standardisées, mais il ne dit rien de la performance sur une saison de chauffe complète.

Le SCOP, coefficient de performance saisonnier, est plus proche de la réalité vécue : il moyenne le rendement de la machine sur toute une saison, en tenant compte des variations de température extérieure typiques d’une zone climatique. C’est le chiffre à regarder en priorité pour estimer une facture annuelle, même s’il reste lui aussi une moyenne théorique et non une garantie individuelle pour votre logement.

Le coefficient de performance d’une pompe à chaleur air-eau diminue à mesure que la température extérieure baisse, parce que l’appareil doit extraire la chaleur d’un air de plus en plus froid pour produire la même température de départ d’eau.

C’est ce mécanisme, plus qu’un chiffre unique, qu’il faut avoir en tête. Une pompe à chaleur qui affiche un excellent COP à 7°C extérieur peut voir sa performance chuter nettement lors d’une vague de froid à -5°C ou -10°C, selon la région. Ce n’est pas un défaut de l’appareil : c’est la physique de la thermodynamique qui s’applique, et tout fabricant sérieux publie des courbes de performance par palier de température, pas un chiffre unique gravé dans le marbre.

La température de départ d’eau, le vrai réglage qui change tout

Le second facteur, souvent négligé au moment du devis, c’est la température de départ d’eau exigée par vos émetteurs de chauffage. Un plancher chauffant basse température se contente d’une eau à 30-35°C, ce qui laisse la pompe à chaleur travailler dans sa zone de rendement la plus favorable toute l’année. Des radiateurs anciens, dimensionnés pour une chaudière fioul ou gaz à haute température, réclament parfois une eau à 55-65°C : dans ce cas, le COP réel s’effondre, même par temps doux, parce que l’écart de température à combler est plus important.

C’est pour cette raison qu’un simple remplacement de chaudière par une pompe à chaleur, sans revoir les émetteurs ni l’isolation, déçoit souvent à l’usage. Le chauffagiste sérieux commence par un calcul de déperditions du logement et par un dimensionnement des radiateurs ou du plancher chauffant, avant de choisir la puissance de l’appareil.

Le rôle de l’appoint électrique

Sur les jours les plus froids, quand la pompe à chaleur seule ne suffit plus à couvrir les besoins, un appoint électrique intégré prend le relais, ponctuellement. C’est normal et prévu par construction. Ce qui l’est moins, c’est un appoint qui se déclenche trop souvent parce que la machine a été sous-dimensionnée au départ pour faire baisser le prix du devis : dans ce cas, la facture d’électricité grimpe bien au-delà de ce qui avait été annoncé, et le SCOP réel du foyer n’a plus grand-chose à voir avec celui de la fiche produit.

Ce qu’il faut demander avant de signer

  • La courbe de COP en fonction de la température extérieure, pas seulement le chiffre le plus flatteur.
  • Le SCOP calculé pour votre zone climatique, avec la référence de la norme utilisée.
  • Le calcul des déperditions du logement, poste par poste, avant le dimensionnement de la pompe à chaleur.
  • La température de départ d’eau prévue pour vos émetteurs existants ou à venir.

Une pompe à chaleur bien dimensionnée, associée à une enveloppe du logement correctement isolée, tient des performances beaucoup plus proches de son SCOP annoncé qu’un appareil posé en remplacement direct d’une chaudière sans ce travail préalable. Et comme pour tout équipement technique, mieux vaut vérifier que l’installateur affiche une qualification reconnue pour ce type de matériel avant de vous engager.

Pour comparer les technologies disponibles, l’article Wikipédia consacré aux pompes à chaleur donne une bonne base technique, à compléter par un avis local sur votre climat et votre logement.


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